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6) Parvenir à éviter le déclenchement de l'émotion

Si nous sommes capable de repérer les émotions, mettre un délai avant d'y réagir, les traverser et lâcher prise, nous savons déjà que lorsque nous sommes submergé par nos émotions, il ne s'agit, la plupart du temps, que d'une tempête dans un verre d'eau, dont nous ne percevons pas les parois; ce qui la fait ressembler à un ouragan.

Plus de telles situations se reproduisent, plus il devient possible, par l'exercice, de vivre différemment le processus jusqu'à parvenir à éviter ce schéma avant qu'il ne s'enclenche. Il s'agit de s'en rendre compte en quelques secondes ou quelques fractions de secondes. C'est par l'expérience, à force de répétitions, qu'on peut parvenir à raccourcir le temps entre l'événement déclencheur et la prise de conscience de l'arrivée de l'émotion.

Les premières fois, on s'en rend compte après que l'émotion soit calmée, donc plusieurs heures après l'événement, voire plusieurs jours. Ensuite, on s'en rend compte pendant qu'on est sous l'effet de l'émotion, mais on ne peut déjà plus l'éviter. Et au fur et à mesure, le délai entre le début de l'émotion, et la prise de conscience va diminuer. Ce qui permet déjà de ne pas poser des actes tant qu'on est sous l'emprise de l'émotion, pour les différer à un moment où on pourra les décider à « tête reposée ». Un beau jour on finit par juxtaposer les deux dans le temps, sans encore pouvoir éviter l'émotion mais en parvenant déjà à la réduire de manière importante. Et plus avant, on arrive enfin à réaliser la situation avant que la boucle émotionnelle ne s'enclenche.

Pour les situations impliquant de fortes émotions, il est difficile d'apprendre cette gestion.
C'est, de toute façon, un apprentissage qui exige de bien se connaître et de bien comprendre le processus.
Cela exige d'être capable de se distancier de son mental pour que la volonté qui est derrière puisse faire fi de tout le contenu mental présent lors des émotions. Le premier apprentissage est le plus long, le plus lent, et il devra être renouvelé pour chaque type d'émotion lié à une situation particulière dont des versions dérivées se représenteront dans le temps.


7) Changer nos films

Plus l'observation nous devient familière, plus nous serons capable de reconnaître, dans le cadre d'une situation vécue, et quel que soit le film que nous avons entamé, dans quel type de pensées nous naviguons : ruminations, pensées négatives, supputations, jugements, croyances, limitations, figements, inspiration, intuition, rêve, raisonnement, ....

Cette compréhension va nous permettre d'apprendre à relativiser et nuancer toutes les pensées qui nous traversent et par conséquent, nos interprétations de la réalité. Et au-delà, face à un contexte donné, quand nous cherchons à le comprendre et le résoudre; cela va nous permettre, quand nous tentons d'imaginer son développement futur, de devenir capable d'envisager le plus de scénarios possibles, de manière à savoir que le film unique imaginé à la base, (qu'il soit positif ou négatif) n'est qu'une version des possibles, et certainement pas la seule.

Cela permet d'être confronté à la réalité sans nourrir ni les peurs, ni les illusions. Et de parvenir à garder la sérénité, à la fois par l'absence de peur, et par la capacité d'acceptation de la réalité qui s'offrira à nous. Conscient que l'illusion redoutée ou espérée, puisse ne pas se concrétiser (puisque nous connaissons déjà d'autres scénarios potentiels). Et cette attitude mentale-là est le début d'une transformation, car c'est elle qui va permettre d'autres comportements et c'est cela entre autres qui changera la réalité.

Car souvent c'est nous-même qui nous concoctons une réalité d'horreur, soit en réalisant ce qui nous fait peur ou nous met en colère, parce que nous avons nourri nos peurs, soit en actualisant nos désillusions, car nous avions nourri des illusions potentiellement peu probables.
Quand nous commençons à imaginer une panoplie de situations possibles, nous serons menés à observer qu'aucune ne se réalise dans la réalité, car la vie est bien plus variée que notre imagination. On devient capable alors de remiser notre habitude à préparer à l'avance nos peurs et frustrations face à des éventualités qui ne se manifestent tout simplement pas. Et nous finirons par abandonner la création de nos films dès le prologue.


8) Sortir des cercles vicieux

D'autre part, lorsque un figement s'est formé et que les pensées et émotions se stimulent entre elles comme une vis qui tourne fou; cela va influencer l'interprétation de la réalité, en relation avec cette boucle pensée-émotion. Et la compréhension de la situation concernée va petit à petit être décalée. Cela va générer des croyances qui s'auto-vérifient et qui peuvent générer des comportements moins adaptés dans les circonstances concernées par ces pensées.

A chaque fois que ce circuit figé d'émotions-pensées sera réenclenché, le décalage des pensées et comportements réapparaîtra et pourra même être renforcé. Et il suffit parfois que les circonstances qui déclenchent à nouveau le figement ne ressemblent que par un seul aspect aux circonstances à l'origine du figement, pour que celui-ci soit réactivé.

Nous vivons tous ce processus quand nous prenons de l'âge. Et, plus notre mental a tendance à être productif, et plus nous avons de temps et d'occasions de le laisser en roue libre (insomnie, vie en solitaire, peu d'activités, peu de relations sociales, ....); plus notre mode de fonctionnement aura tendance à s'éloigner de la réalité ou de ce que nous désirons vivre. Certains le vivent donc plus que d'autres, ou de manière plus importante, mais il est presque inéluctable. Et plus nous le vivons, moins nos réactions sont adaptées. Il est à la source de la plupart de nos rigidités, mentales comme physiques. Il est l'essence même du vieillissement, et nous n'en sommes, la plupart du temps, pas du tout conscient. Car en général, cela se produit pour des événements minimes. Et c'est à force de répétitions dans le temps que la boucle s'installe et que la rigidité suit, souvent imperceptible, et se renforçant dans le temps par la répétition.

Et en avançant en âge, nous risquons fort de nous créer une toile d'araignée de croyances erronées interdépendantes, se confirmant les unes les autres, entretenant nos peurs et émotions négatives, et nous dirigeant vers un recroquevillement tant mental que psychique.

Il est cependant possible d'apprendre à éviter d'entrer dans ce genre de boucle, et même de sortir de celles qui sont déjà installées, en éveillant la conscience. La conscience est l'observateur de tout cela. C'est la présence d'une intention, d'une volonté, d'une motivation en parallèle aux pensées. Elle peut agir comme un chef d'orchestre quand on lui laisse reprendre les rennes. Encore faut-il lui donner droit de cité.

En sortant de nos conditionnements et figements mentaux et émotionnels, nous donnons naissance à une nouvelle flexibilité et nous initions une remise en question de toutes nos croyances. Lorsque nous commençons à mettre en doute les pensées-croyances qui se présentent à nous automatiquement, nous nous donnons la possibilité d'en choisir de nouvelles, volontairement cette fois, en nous donnant en même temps la possibilité d'en changer et de les multiplier comme bon nous semble. Nous nous accrochons moins à « la » vérité, et à des concepts d'absolu. La nécessité de s'inventer des films, soi-disant pour se rassurer, et qui en fait nourrit nos inquiétudes et frustrations, va diminuer avec le temps. Et une acceptation de suivre ce que notre vie nous apporte vient la remplacer. On remarque alors que les bonnes surprises remplacent plus souvent les mauvaises qu'on aurait pu s'inventer.

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Gestion des pensées
Gestion des émotions

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Avant-Propos

Introduction

Première partie : Quand le mental et les émotions posent problème

1) Qu'appelle-t-on le mental ?
2) Que se cache-t-il derrière le concept d'émotion ?
3) Les automatismes de pensée
4) Croire les pensées et s'identifier au mental
5) Quel est le rapport entre le mental et les émotions ?
6) Incapacité à gérer les émotions sans que la conscience soit aux commandes
7) Pensées semi-conscientes = le plus gros frein pour se libérer de l'addiction
8) Considérer le mental comme chef d'orchestre renforce le mental

Deuxième partie : Éveil de la conscience

1) Observer
2) Repérer les émotions dysfonctionnelles – ne pas croire les pensées qui les accompagnent
3) Ne pas agir
4) Traverser
5) Lâcher prise
6) Parvenir à éviter le déclenchement de l'émotion
7) Changer nos films
8) Sortir des cercles vicieux
9) L'inversion psychologique
10) Nouvelles croyances – désidentification au mental
11) Déjouer certains pièges du mental - un pas vers l'humilité et l'honnêteté intellectuelle
12) Prendre de la hauteur – troisième dimension : additionner les poires et les pommes
13) Décalage entre la compréhension intellectuelle et la compréhension en conscience

Troisième partie : Moyens et techniques pour sortir du mental et apprendre à gérer le mental et les émotions

1) La méditation
2) La douleur / souffrance
3) Autres techniques

1. L' EFT
2. L'EMDR
3. Tipi

4. La Cohérence Cardiaque
5. L'écriture
6. L'expérience du riz
7. La Communication Non-Violente
8. La pensée positive via le carnet de gratitude
9. La psychothérapie de la parole
10. La méthode du tigre du Docteur Christian Tal Schaller
11. Ho'oponopono
12. Lectures

Plus loin que notre évolution personnelle

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