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La dignité humaine, fondement d'une nouvelle économie - Banque Éthique


https://www.youtube.com/watch?v=1G2knMO9P_w
Texte transcrit, traduit et légèrement modifié,
de la conférence de Joan Antoni Melé
dans le cadre de :
"Sustainable Brands Buenos Aires" - 2017

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En 2017, Joan Antoni Melé a présenté une courte conférence à Buenos Aires, devant un public de chefs d'entreprises, pour parler des objectifs éthiques dans l'entreprise, en partant de sa propre expérience au sein de la banque éthique Triodos en Espagne.

En voici la transcription traduite et transposée au format écrit.

Lorsque l'on parle d'introduire plus d'éthique dans l'entreprise, il ne s'agit pas tant de redéfinir et repenser l'économie et la relation avec la planète que de repenser ce qu'est l'être humain.

Le dernier rapport économique du forum de Davos, laisse paraître que 1% de la population mondiale a déjà accumulé plus de richesses que les 99% restants. Cela n'est ni normal, ni logique, ni nécessaire. En fait, ce n'est pas tolérable. La problématique à résoudre n'est pas le changement climatique mais bien le fait que c'est nous, les êtres humaines, qui sommes en train de détruire la planète.

Nous sommes au 21ème siècle, et nous n'avons jamais eu autant recours aux scientifiques, aux techniciens, à autant de richesses que maintenant. Et pourtant, c'est à notre époque que nous vivons le plus de conflits. La raison en est que nous avons perdu en chemin la dignité humaine. Nous avons oublié ce qu'est l'être humain, et nous nous sommes focalisés totalement sur l'argent, la croissance, le business.

Lorsque l'on regarde par exemple, la renaissance, cette époque dorée qui est survenue en Europe, avec des personnages comme Léonard de Vinci, Raphaël, Michel Ange, des gens humanistes, capables de tout connaître et tout comprendre : l'art, la science, la religion. Et quand commence la science avec Kepler, Copernic, Galilée; on peut observer que ces gens avaient du courage. Et cela présageait un futur incroyable pour l'humanité. Et le monde aurait pu vivre un succès fantastique. Et pourtant nous en sommes arrivés aujourd'hui à la destruction.

Et cela vient du fait que nous sommes restés concentrés sur la science, ou une partie de la science. Nous sommes restés focalisés sur une vision réductionniste de l'être humain.

Et nous avons commencé à enseigner à partir des théories de Darwin, qui disent que l'homme, est en quelque sorte un peu plus qu'un animal : un peu plus intelligent. Que la vie est une lutte pour la survie. Et dans cette lutte, ce sont les plus forts et ceux qui savent le mieux s'adapter qui survivent et évoluent. Et cette croyance nous l'avons maintenue, et avons gardé la peur qu'elle suscite.

Un article récent affirme qu'entre les hommes et les singes il y a peu de différences : seulement 4 gènes. Et il est vrai qu'en voyant certains êtres humains, on peut être tenté de le penser parfois.

Et c'est bien là le problème. Les jeunes sont éduqués depuis tout petits dans la peur. On leur dit qu'ils doivent étudier, parce que demain, s'ils n'ont pas un bon parcours universitaire ou un master dans une université américaine, ils ne pourront pas gagner leur vie, et ne s'en sortiront pas. Et qu'ils doivent donc lutter, se préparer pour leur avenir. C'est un tout autre langage qu'il faut tenir devant les jeunes : "Ne vous adaptez surtout pas à la société, parce que la société est malade. Et si vous vous adaptez, vous pourriez finir malade." C'est la société qui ne va pas bien et qui a besoin d'aide, qui a besoin de retrouver la dignité humaine.

Nous ne sommes pas des animaux qui luttent pour survivre. Nous faisons tout comme, mais ce n'est pas notre dimension.

Joan Antoni Melé cite une discussion qu'il a eue avec un scientifique de renommée en Catalogne qui lui disait : "Écoute, nous ne sommes rien, nous sommes une poignée de cellules qui se sont réunies par hasard et quand elles meurent, elles ne sont rien. Elles vont se décomposer, il ne reste rien."

Mais si cela était si sûr, si la vie était une lutte pour la survie, pourquoi les êtres humains feraient-ils alors de la poésie, pourquoi composerions-nous de la musique, des symphonies formidables, pourquoi peindrions-nous des tableaux, construirions-nous des cathédrales, des sculptures merveilleuses? Nous les réalisons parce que nous sommes humains. Et c'est précisément parce que cela n'est pas nécessaire que c'est tellement important.

Cela fait des siècles que l'être humain est sorti du domaine de la nécessité pour entrer dans celui de la liberté. Nous faisons tout cela car nous sommes libres et créateurs. Et nous le faisons par amour, parce que quelque chose nous porte de l'intérieur, et nous voulons le partager. Et c'est en cela que se révèle la dignité humaine : la capacité de la liberté, de l'amour, et de la créativité.

Et ce que nous avons été capables de réaliser dans le monde de l'art, nous n'avons pas été capables de l'intégrer dans la vie sociale et dans la vie économique. Et dès lors, nous en sommes restés dans la lutte à ces deux niveaux. Nous nous comportons comme des animaux. Et la peur nous poursuit depuis l'enfance, la peur de l'avenir. Nous devons lutter en permanence car nous concevons la vie comme difficile avec les concepts tels que le marché, l'offre / la demande, la demande/ l'offre, la concurrence.

Pour apprendre à nous comporter comme des humains, la tâche qui nous attend est de porter la dignité humaine que nous avons été capables de mettre dans l'art, l'art en général, qui nous a rendu dignes, l'apporter dans la vie sociale et économique.

En ce qui concerne les marques durables Il existe une ambivalence. A priori, c'est fantastique, si cela est pratiqué dans l'authenticité. Certains y croient. D'autres suivent le courant. Mais il y en a d'autres encore qui tentent d'utiliser la durabilité comme tremplin pour tenter de vendre encore plus.

Or la durabilité n'a rien à voir avec les lois économique, il s'agit d'une obligation morale, celle de répondre tout simplement à un besoin dans le monde, et non de chercher à savoir si l'on vendra plus ou moins,

Car un jour, nos enfants et petits enfants nous demanderont : "Qu'avez vous fait?

Il y a quelques années, face au pape Benoît 6, une personne du public a posé la question suivante : "Où était Dieu à l'époque des camps de concentration Nazis? Pourquoi Dieu a-t-il permis cela?"

Cette question était choquante par son insolence. Car la question devrait être : "Pourquoi les êtres humains ont-ils permis cette barbarie? Et pourquoi avons-nous tant tardé à réagir?"

Et peut-être qu'un jour nos petits enfants demanderont : "Pourquoi avez vous permis cette barbarie?" "Pourquoi vous êtes-vous focalisés sur la croissance, la croissance et encore la croissance?" Cette folie collective qui a commencé surtout à partir de 1989 lors de la chute du mur de Berlin.

On a commencé par la mondialisation avec l'engrenage de la croissance, toujours plus de croissance. Mais dans la vie, on croît quand on est petit, et il y a un âge auquel on arrête de grandir et où on se met à mûrir. Et à présent nous ne pouvons plus croître davantage. Non seulement nous ne pouvons plus, mais cela n'a pas de sens.

Quand un groupe de cellules du corps humain commencent à croître plus que de raison, et qu'elles oublient qu'elles font partie d'un organisme : nous appelons cela un "cancer". Et cela finit par tuer l'organisme. Et dans l'organisme mondial que nous formons tous, il y a des gens qui veulent croître bien plus de les autres. Et cela n'a pas de sens, et ne les rend pas non plus heureux, et cela pose problème au reste du monde.

Et dès lors, ce n'est pas seulement une question de durabilité, c'est une question de donner un sens à la vie. En ce moment dans le monde, il y a le double de morts par suicide que par guerres et attentats criminels réunis. Et quand on regarde les indices des suicides, dans les pays riches, ils ont explosé. Mais pourquoi les gens les plus riches se suicident-ils alors qu'ils ont tout?
Non, ils n'ont pas tout. Ils disposent de tout ce qui est matériel, mais ils ne peuvent pas donner un sens à leur vie. Ils ont perdu le plus important.
Entre la naissance et la mort nous disposons tous de temps, quel que soit l'âge auquel nous mourrons. Car nous finirons d'office tous par là.
Pourquoi ne pas profitez du temps qui nous est imparti pour faire quelque chose qui a du sens? Joan Antoni Melé révèle avoir eu la chance que ses parents l'aient éduqué dans ce sens. Ils lui ont dit : "Tu dois étudier et te préparer pour être demain un homme qui tire parti de la société pour se rendre utile aux autres."

Et c'est ainsi qu'il a vécu. Et quand il s'est rendu utile, cela l'a rendu heureux. Par pour la richesse qu'il pouvait posséder mais par le fait de donner du sens à ses actions. Lorsqu'on agit avec l'intention de se rendre utile aux autres, quelque chose à l'intérieur se développe. Cela nous fait évoluer en tant qu'être humain. Et cela donne un sentiment de profondeur à la vie. Et c'est cela que nous devons récupérer, non pas au niveau de l'art, mais bien au niveau de la vie économique et de la vie sociale.

Et cela commence par l'éducation. Et nous avons un grave problème de ce côté, et on peut en trouver l'origine en Europe. Il s'agit du fameux rapport PISA qui a été élaboré par l'OCDE. Il est tout de même grandement discutable qu'une organisation patronale puisse se mêler d'établir les critères d'évaluation dans l'enseignement. C'est comme si elle se mêlait de définir comment construire une route ou un tunnel en montagne. Cela doit être la tâche des professionnels de l'éducation et des parents. Et le rapport PISA définit le niveau en mathématiques, le niveau en sciences, le niveau en grammaire. Il ne parle pas de la poésie d'un pays, de la musique ou de l'éthique.

Il y a deux ans, en Espagne, le rapport PISA a décidé que le problème en Espagne, s'établissait au niveau des mathématiques.
Or en réalité, l'Espagne traverse une période de crise, et ces dix dernières années, ceux qui ont fait sombrer le pays dans la misère n'avaient certainement pas de problème en sciences et en mathématiques. Tous étaient des licenciées, docteurs, certains sortaient de Harvard. Ce qui leur manquait cruellement ce n'était pas un bon niveau en mathématiques; ce qui leur manquait bien plus c'étaient les valeurs morales, les valeurs humaines, et c'est bien là que se trouve le problème.

Et c'est cela qu'il faut enseigner à la jeunesse, pour qu'ils s'orientent à vivre une vie utile pour les autres. Qu'ils soient dignes, respectent autrui. On ne peut pas enseigner dans les universités comme on le fait actuellement, en disant que nous vivons dans un marché libre qui impose la loi de l'offre et de la demande, qu'il faut maximiser les bénéfices, minimiser les coûts, et bla bla bla. Car en langage profane, cela se traduit par : "Préoccupe-toi de tes affaires, et au diable les autres!".
C'est une perversion morale. A un jeune il faut dire : "Fais attention à ce que tu fais dans la vie, parce que, quelle que soit la décision que tu prennes, elle affectera les autres êtres humains et la planète." "Tu es le responsable du monde". C'est cela qu'il faut enseigner.

Et non seulement c'est cela qu'il faut transmettre aux plus jeunes, mais il faut aussi qu'ils soient entourés par des proches qui témoignent d'authenticité et de cohérence. Ce sont ces valeurs qui permettent de s'élever.
Or le problème de l'enseignement aujourd'hui, c'est qu'il se révèle erroné, pervers, qu'il éduque à l'égoïsme. Il faut être toujours plus compétitif. Et c'est cela qui nous mène vers la destruction. Et ce seront nos enfants qui en payeront les frais.
Il faut avoir le courage de commencer à changer. Et il y a des entreprises qui sont en train de le faire.

Joan Antoni Melé a eu la chance de participer à la création de la banque Triodos en Espagne. Triodos est une banque éthique européenne qui a eu un succès spectaculaire. On l'appelle éthique parce que c'est une banque qui définit les critères avec lesquels elle va investir ou non. Il existe des projets qui peuvent apporter des millions de bénéfices mais la banque refuse d'investir dans ces projets, parce qu'ils ne respectent ni les personnes, ni l'environnement. Et un second critère fondamental qu'elle applique, et qui devrait être appliqué à toutes les entreprises dans le monde, c'est la transparence.
L'argent détenu par une banque n'est pas possédé par elle. Elle ne fait que détenir l'argent des clients, notre argent, et sa responsabilité est de le gérer. Donc les clients ont le droit et la responsabilité de savoir ce qu'on en fera de cet argent que cela leur plaise ou non.

Quand Joan Antoni Melé a commencé chez Triodos, tout le monde se moquait du projet: "Une banque peut-elle être éthique?"
Or la question aurait plutôt dû être: "Est-ce possible qu'une banque ne soit pas éthique, est-ce que nous le permettons?"

Triodos a commencé en Hollande en 1971 et d'aucuns prétendaient que cela n'allait pas durer, que cela n'était pas possible car le marché a des lois, et n'allait pas le permettre. Avec toujours la même ritournelle à la clé : la demande/ l'offre, l'offre/la demande, les lois du marché. Et pourtant ils l'ont fait. Et cela s'est poursuivi en Belgique, en Grande Bretagne, Espagne, Allemagne, France.

Triodos s'est implanté en Espagne en 2005. Et là encore, tout le monde, y compris les amis de Joan Antoni Melé ont réagi de la même manière :
- "Joan, c'est impossible. En Hollande oui, mais en Espagne ce n'est pas possible. Tu n'y arriveras pas. Cela ne vaut pas la peine. Ne sois pas stupide. Laisse tomber. Tu n'y arriveras pas."
Voilà comment les amis témoignent de leurs encouragements!
- "Tu n'y arriveras pas. Cela ne vaut pas la peine. Laisse tomber. Consacre-toi à vivre bon Dieu. Prends ta retraite et va jouer au golf."
- "Mais je ne joue pas au golf."
- "Alors au tennis".
- "Mais je ne joue pas non plus au tennis, j'ai un sérieux problème aux genoux."
- "Alors consacre-toi à quelque chose qui te plaît."
- "Et bien, justement, c'est cela que je voudrais faire avant de mourir : quelque chose qui a du sens ."

En parallèle à son témoignage, Joan Antoni Melé leur suggère à son audience de retourner dans leurs souvenirs et de se rappeler de leurs rêves d'avenir lorsqu'ils étaient petits. Et de regarder, par rapport à aujourd'hui, ce qu'ils ont abandonné en cours de route.

Toutes leurs préoccupations actuelles : la croissance, le ROI (Retour sur Investissement), le marché. Tous ces concepts sont nos inventions et nous tentons d'adapter le monde à ces créations. Est-ce que cela correspond vraiment à ce que nous voulons? Est-ce cela qui donne du sens à notre vie?
Sans compter aussi l'angoisse d'aller travailler.
Ne peut-on pas aller dans une autre direction?

Cela demande du courage car nos peurs sont au rendez-vous. Mais avec le courage, on perd nos peurs et cela change le monde.
Ils l'ont fait avec une banque : en Espagne cela s'est avéré possible. Quand ils ont commencé, bien sûr, ils ont dû donner des milliers d'exposés pour informer les gens qui ne les croyaient pas. Et ils ont donné des milliers de conférences. Et ils s'y sont plongés corps et âme.

Et c'est cela la clé. Quand on a une idée qui est nécessaire, qui est correcte, et qu'on s'implique, cela fonctionne toujours. La clé c'est l'engagement. Perdre la peur et avoir le courage de s'impliquer. C'est nécessaire. Et le voir donne envie de le faire. Et cela peut arriver à tout le monde aujourd'hui.

Bien sûr, avec des marques durables en étant authentique; et pas dans le but de vendre plus et de se faire valoir.
Si les uns le font, il n'y a plus de raison pour que cela ne marche pas pour les autres, car le nombre de gens dans le monde qui sont responsables, et qui voient des choses qu'ils ne veulent plus tolérer; ce nombre est en train de croître.

L'homme le plus riche d'Espagne, selon la revue Forbes, détient plusieurs marques dans le domaine de la confection. Au passage, Joan Antoni Melé qualifie la revue Forbes de pornographique à cause de l'obscénité de son contenu, par l'ostentation de la richesse. Il juge qu'elle devrait être tout simplement interdite pour ces raisons.
Pour l'une de ces marques, près de 500 femmes sont mortes au Bangladesh il y a quelques années, brûlées dans un sous-terrain immonde, travaillant dans des conditions inhumaines. On ne peut pas laisser faire cela. Même si la loi le permet, et que c'est pour cela qu'il y en a qui vont au Bangladesh ou en Chine, car là-bas il n'y pas pas de droits humains.

Suite à cela Joan Antoni Melé s'est engagé à vie à ne plus jamais rien acheter de cette marque. Il est confiant que cela va finir par être compris : parce qu'il sait ne pas être le seul à réagir ainsi. Et les jeunes le comprennent. Et ils demandent de la conscience et de l'authenticité. Et ce qui ne répond pas à l'authentique, l'éthique, le cohérent, n'a pas de futur. C'est un tsunami qui est en train d'arriver, un tsunami de conscience. Et il y a beaucoup de gens qui, voyant le tsunami arriver sont en train de se faire un selfie. Ils vont être balayés. Nous ne pouvons plus continuer à tolérer ce monde. Et qu'y a-t-il de mieux que le monde de l'entreprenariat pour initier le changement! Le monde ne va pas changer grâce aux gens qui vont à des manifestations le poing levé etc. A l'inverse, les chefs d'entreprise ont un réel pouvoir sur le changement du monde. Ils l'ont fait avec une banque.

A Barcelone, s'est ouverte la première succursale, suivie par une vingtaine d'autres dans toutes l'Espagne. Alors qu'on leur disait qu'ils n'avaient aucun avenir, ils ont très vite dû réduire les heures d'ouverture au public parce que les clients affluaient par milliers, et l'argent par millions, et qu'ils n'avaient pas le temps de gérer les investissements.
Alors que c'était soi-disant impossible, ils ont été débordés par le succès.

Quand on réintègre la fibre humaine dans le processus, en parlant aux gens en face à face, on permet le changement.

Nous sommes des êtres humains qui avons valorisés à l'excès l'intelligence et avons oublié un peu le cœur, et la bonté. Il y a un culte de l'intelligence, excessif. Quand quelqu'un est intelligent, nous disons : "Oulah, comme il est intelligent!", etc. Mais : "En quoi le monde a-t-il changé grâce à lui? "

Les gens intelligents ne sont pas en train de sauver le monde. Beaucoup d'entre eux créent plutôt les problèmes dans le monde. Nous avons besoin de gens bons. De gens qui disent : "Je veux mettre toutes mes compétences au service de ceux qui les veulent." C'est cela qui nous manque : la bonté. Mais pas de la bonté bisounours : de la bonté par l'engagement, c'est cela dont nous avons besoin.

Comment puis-je changer le monde?
Si une banque peut changer les choses, n'importe quelle entreprise peut le faire. Il n'y a aucune excuse.
Le marché? : la banque est dans le marché.
Et l'éthique peut valoriser le marché à un niveau supérieur que celui des prix. Quand un client, comme cela s'est présenté en 2006, a retiré des millions d'euros d'une banque, et les a amenés dans la banque éthique; le directeur de la banque d'origine a dit :
- "Pourquoi partez-vous? Chez quelle banque allez-vous? Combien vous payent-ils? Dites-le moi, peu importe combien, je vous offrirai davantage de rentabilité."
Et le client de répondre:
- "Vous ne comprenez pas, ils me payent moins que vous".
- "Mais alors, pourquoi partez-vous?"
- "Pour une raison d'éthique, de transparence, de valeurs humaines".
La réponse du directeur :
- "Contre cela je ne peux pas lutter."

Et c'est cela qui est en train d'arriver. Et c'est ce pourquoi Joan Antoni Melé désire témoigner, comme banquier, comme appartenant à ce monde de l'entreprise.

Ceux qui perdent la peur animale, perdent la peur. Il faut sortir l'authentique de l'intérieur, il faut réduire l'importance que nous donnons à l'intelligence pour la mettre au service du cœur en la réchauffant avec la force du cœur.

Nous ne devons pas nous contenter de penser à nos enfants. Les enfants des autres sont tout aussi importants.

Parce que sinon, si nous restons à chercher à ne défendre que nos propres intérêts, la vie va nous le le faire payer en retour.

Joan Antoni Melé qui est né à Barcelone, et vit à Barcelone évoque également l'attentat terroriste qui a eu lieu récemment (08/2017), du terrorisme islamique : 15 morts, pareil qu'à Londres, Nice, à Paris, Berlin.
A la télévision, ils nous disent :
"Il est clair que ces fous de terroristes islamiques veulent détruire notre modèle de paix et de démocratie que nous avons construit. " bla bla bla.
Cela ne tient pas la route. Il y a plus de 40.000 jeunes en Europe, nés et éduqués en Europe : à Paris, à Londres, à Barcelone, qui sont passés à l’état Islamique, qui préfèrent perdre la vie avec une bombe comme idéal, que de vivre dans notre société.

Cela ne sert à rien qu'on nous dise :
"On leur a lavé le cerveau".
C'est parce que nous n'avons pas été capables de leur donner un meilleur idéal qu'ils en arrivent à préférer cela.

Plus de 15 morts à Barcelone, c'est très dur. Mais nous ne nous sommes pas mobilisés pour les 300.000 femmes et enfants qui sont morts en Syrie, en Irak ou en Afghanistan. Et ce sont des êtres humains. Et le monde, quand nous ne faisons pas les choses correctement, ils nous le rend bien.

Nous ne souhaitons pas avoir plus de problèmes et de malheurs. Alors réagissons. C'est aux chefs d'entreprises à s'impliquer, car ils ont la capacité de participer à l'état du monde, en faisant du commerce, et en changeant le monde. Ils peuvent mettre l'éthique comme sujet de premier plan dans l'entreprise. En ne la faisant pas dépendre du département marketing ou de communication, mais bien de la direction générale. Car c'est là que doit se trouver l'éthique. Le premier objectif de l'entreprise est d'aider à changer le monde. Il ne suffit pas d'utiliser quelques critères durables :
"Nous avons planté quelques arbres."
"Nous avons installé des panneaux solaires."
Non! ... Enfin, aussi!
Non, comment à partir d'une entreprise pouvons-nous changer le monde? : En faisant passer cela comme objectif principal !
Et que le bénéfice, les gains, ne soient pas l'objectif, mais bien le résultat. L'objectif d'une entreprise doit être que le monde soit meilleur grâce à moi. Si on travaille bien et qu'on est efficace, en fin d'année, on verra que les bénéfices sont aussi au rendez-vous. Le bénéfice est un indicateur du travail bien fait.

Et cela, il faut avoir le courage de le faire. Et ce sont aux chefs d'entreprises et aux banquiers et aux grandes marques de le faire, car quand une grande marque change réellement, de manière authentique, elle crée une tendance à changer le monde.

Joan Antoni Melé invite donc à réfléchir à tout ceci, concernant la dignité humaine, cette capacité de liberté et d'amour. Certains vont bien sûr se moquer de 'l'amour' : "Non, pas l'amour ! "
Pourtant il y a des gens qui donnent leur vie pour les autres. Pas seulement des personnes comme Mère Teresa, Martin Luther King. Des gens anonymes, des millions d'anonymes qui prennent soin des autres. Nous en sommes tous capables.

Bien sûr que l'on peut parler d'amour dans une entreprise. Il n'y a rien de romantique à cela. Cela consiste à penser aux autres : aux employés, aux clients, aux fournisseurs. Ayons le courage de rendre nos entreprises humaines. Et non d'êtres animalisés et encore moins de se faire envahir par le post-humanisme.

Car face à l'échec du monde, certains veulent réparer l'être humain et amener l'être post-humain : l'intelligence artificielle, les super-ordinateurs quantiques, qui vont décider à notre place. On nous dit qu'on ne pourra pas y résister. On nous dit : c'est le futur.
Mais il faut y résister. Ce n'est pas un futur à souhaiter. Il nous faut désirer un futur de l'être humain. Il nous faut refuser qu'un post-humain puisse advenir grâce à l'intelligence artificielle.
Il nous faut lutter pour que l'être humain dont nous avons vu ce qu'il a réalisé de merveilleux sur la Terre pendant des siècles ou millénaires, qu'aujourd'hui nous le renouvelions, que nous le repensions, et parvenions à une vie sociale pour la vie.
C'est cela le futur pour lequel nous sommes en train de nous battre et pour lequel Joan Antoni Melé encourage son auditoire à lutter aussi.

 

© Publié avec l'autorisation de l'auteur de la conférence

 

 

 

 

 


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