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UN AUTRE REGARD SUR LA DEMENCE
ET SUR LA PRESERVATION DE LA JEUNESSE

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4) élargir les centres d'intérêt

Élargir nos connaissances, les diversifier, éduquer la curiosité, multiplier les expériences de vie, les rencontres, les voyages, sont tous des facteurs qui peuvent collaborer à maintenir notre mental plus actif sur le long terme. Et il y a un thème qui est particulièrement essentiel dans ce domaine, c'est la maîtrise du langage. Vu que la pensée évolue en parallèle au langage et qu'une part de notre mental est fusionnée avec notre langage, il est fondamental de développer notre langage le plus loin possible. Diversifier notre langage joue le même rôle que la diversification des sujets qui nous préoccupent. L'apprentissage d'autres langues étant un avantage en la matière.

5) L'organisation de nos pensées

Le vieillissement et certaines formes de démences qui en accélèrent le processus font dans l'ensemble rétrécir tout notre champ de vie. On abandonne, pas à pas, toutes nos activités, toutes nos relations, tous nos centres d’intérêt. Il est donc important, avant que cela n’arrive, de faire le tri pour aller le plus loin possible dans nos passions et intérêts, et d’en maintenir le plus possible actifs, mais pas de manière anarchique, ni dans l’excès, sans jamais devoir rien forcer.

Pour rendre possible le tri dans nos pensées, on peut l'accompagner par un tri dans notre milieu de vie, et donc dans notre logement et au travail. Le désencombrement (voir aussi l'article à ce sujet), sert à mettre de l’ordre dans notre mémoire, dans nos pensées. Évacuer l’inutile, mettre de l’ordre dans ce que nous gardons, ranger les choses à des places bien définies, faire des listes si nécessaire, peut aider à nettoyer le disque dur de nos pensées. Et c’est un nettoyage qui va beaucoup plus loin que cela. Car nous rangeons aussi nos souvenirs, nos émotions, et donc l’impact dans notre tête est probablement beaucoup plus important que l’impact dans notre espace.

Faire des listes est une autre manière d’apprendre à gérer son mental. Bien sûr, c’est ce que l’on conseille aux gens atteints de maladie de la mémoire de manière à parer à cette déficience. Mais à un niveau préventif, la liste est excellente. Bien moins dans le but de la consulter plus tard pour ne rien oublier, que dans celui de mettre au clair ce que nous y inscrivons, au moment où nous l’inscrivons : liste des activités du lendemain, liste des tâches à effectuer au travail, liste du contenu de nos armoires (au moment de désencombrer et ranger), liste des courses, liste des choses à emporter en voyage. Cela permet de ne pas agir dans l’impulsion, au hasard, mais de manière plus intentionnelle et structurée.

Faire également le tri de toute l’information qui entre dans notre vie, et sans se la laissez dicter par la télé, la radio, ou les journaux et magazines. Choisir ce que nous lisons, regardons, entendons. Ne pas se laisser gaver par ce que d’autres ont choisi pour nous, et encore moins par la publicité. Éviter d'être un fourre-tout informatif. S'intéresser à tout, mais en étant aussi sélectif. Mettre des limites à l’information qui nous atteint. De la même manière, faire des expériences de toutes sortes, mais pas n’importe lesquelles, et pas celles que l’on nous a concoctées de toutes pièces pour nous les faire “consommer”.

6) La méditation

Apprendre à méditer n'est pas facile au début. Rien ne donne véritablement envie de lâcher nos automatismes si commodes et confortables. Et le moment présent paraît bien ennuyeux. Par contre, lorsque l'on parvient à capter, lors de ces moments, quelque chose auquel on n'a pas accès tant que les automatismes de pensée ont le contrôle sur notre volonté; alors, on commence à en comprendre la teneur, l'intérêt. D'une certaine manière il s'agit de se mettre au diapason de la source divine en soi. La même que lorsque l'on rencontre l'amour, la même que lorsque l'on vit des émotions positives intenses en relation avec une foule de personne, la même que lorsque l'on fait l'expérience d'un phénomène de la nature à grande échelle qui nous subjugue et nous ramène à cette connexion (comme lors d'une éclipse de soleil, un coucher de soleil, un arc en ciel, la découverte au détour d'un chemin d'un paysage grandiose), la même aussi que lorsque l'on a une intuition, une inspiration, un déclic de compréhension, un élan créatif qui nous fait comprendre que cela vient de quelque chose de plus grand que nous.
Vous l'aurez compris, la méditation prend elle aussi un rôle primordial dans la vie. Elle devient aussi importante que l'hygiène, le sommeil ou l'alimentation. C’est la méthode d’entretien de notre mental par excellence. Et quand je parle de méditation, cela inclut toutes les méthodes qui ont un effet proche et qui travaillent de concert à la gestion de notre mental.

7) Cultiver le doute

En parallèle à la méditation, à l’intérieur de nous-même, il est bon de rester vigilent et d'éviter de prendre nos pensées, opinions, jugements, croyances comme vrais, justes et fiables, généralisables à tous. Mieux vaut les tester, les vérifier, les approfondir, ou attendre un changement d’humeur pour voir si, dans un autre état d’esprit, elles nous séduisent encore tout autant. En ne leur accordant foi que si, dans leur répétition, elles nous laissent serein. Cela implique d'apprendre à gérer nos émotions, pour parvenir à ne plus prendre pour argent comptant les pensées automatiques qui surviennent quand elle nous sont imposées par ces émotions,

Nos émotions, notre naïveté, notre crédulité, notre ignorance, nos erreurs de raisonnement, nos erreurs de jugement, notre distraction, et encore bien d’autres aspects, sont capables de nous mener en bateau. Il est important d'en tenir compte à propos de tout.
Être capable de cultiver le doute tout en maintenant la confiance en soi est un équilibre difficile à atteindre, et il n'est possible que sur le long terme, en se désidentifiant de ses pensées.

8) Guérir les blessures émotionnelles

D'autre part, il est essentiel de nettoyer dans notre inconscient toutes les vieilles blessures émotionnelles qui continuent à impacter notre vie au présent. En général, elles ont été refoulées ou déniées. Mais on en retrouve toujours des signes au présent, moyens par lesquels on les décèle mais aussi par lesquels on peut en guérir.
Les sentiments d'impuissance et la soumission sont deux vecteurs important qui font que nous n’avons pas pu gérer notre mental librement dans le passé et qui amènent dès lors les bugs du présent. Ainsi, plus l’autonomie mentale est importante dès le plus jeune âge, plus le risque dégénérescence mentale avec l'âge diminue.

Il est probable aussi que le mode de communication privilégié puisse lui aussi avoir une incidence. Dans les milieux où la manipulation, le mensonge, les non-dits, les sous-entendus, les dénis, les insinuations, les doubles messages sont courants, il est nettement plus difficile de mettre de l’ordre dans les pensées, puisque nombres d’entre elles, déjà à l’enregistrement sont extrêmement confuses ou incohérentes. Il est donc important d'apprendre à mettre des mots sur nos ressentis.

C'est pareil dans les milieux où la violence est chose courante : violence physique mais surtout violence psychologique. On enregistre très différemment les événements lorsqu’on est ou pas dans une émotion forte, et cela d’autant plus si l’émotion est négative, répétée dans le temps, et accompagnée d'un sentiment d'impuissance et vécue dans la solitude (en l'absence de soutien).

9) Gérer sans avoir besoin d'avoir le contrôle sur tout

Le cerveau peut se développer aussi à l'aune des protections que nous allons développer par rapport à nos peurs, notre histoire, nos culpabilités, la pression sociale, notre solitude, notre douleur, ...
Si ces protections deviennent des murs trop élevés, nous ne pourrons un jour plus les franchir, et nous nous trouverons enfermés dans toujours les mêmes pensées, les mêmes comportements, en cercle vicieux.
Avoir le contrôle n'est pas la solution. Trouver du sens, chercher la clé de sortie, s'ouvrir, ouvrir son cœur, sont les meilleures voies.
L'important est d'éviter le figement, le contrôle. Notre capacité à improviser et à faire face à l'improviste est donc une des clés de la souplesse du fonctionnement de notre cerveau.

10) Ouverture du cœur

Et avant tout, pour garder l'esprit alerte, il est essentiel de le mobiliser avec des projets concrets et porteurs qui donnent du sens à notre vie, des pensées dirigées vers le futur, qui sont motivées par le cœur. Si rien ne nous appelle dans le futur, si rien ne mobilise notre cœur, si nous ne donnons plus un sens fort à ce que nous faisons aujourd'hui pour demain; nous perdrons la force et l'énergie qui permettent tout le reste. Quand la volonté de vivre diminue, la volonté tout court commence à disparaître.

Bien vieillir consiste à vivre de moins en moins pour soi, de plus en plus pour les autres.

 

 

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