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UN AUTRE REGARD SUR LA DEMENCE
ET SUR LA PRESERVATION DE LA JEUNESSE

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4) Agir pour prévenir

Agir pour prévenir et contrer les maladies de la mémoire doit donc se faire quand la volonté et la capacité de la mettre en œuvre sont encore possibles, et le plus tôt sera le mieux. Donc c'est dès l'enfance qu'il faut songer à construire son mental. Une fois les premiers symptômes bien installés, il devient inutile d’encore forcer une personne à récupérer et lui faire faire des efforts pénibles pour des gains vains. A un certain stade de la maladie, on le remarque, les personnes sont rétives à ce qu'on cherche à stimuler leur mémoire. Elles ont probablement la lucidité de l'ampleur de la tâche, à perte, et pour laquelle l'effort est devenu une réelle souffrance.
C’est donc dès le plus jeune âge que l’apprentissage de gérer la mémoire et gérer les pensées doit intervenir.

1) Agir sur la pensée

L’éducation telle qu’elle existe en Europe et probablement partout ailleurs, ne propose rien dans ce sens. L’enfant, depuis sa naissance ne reçoit jamais un enseignement, une éducation lui apprenant à « penser » ou à gérer les pensées qui traversent son mental.

Raisonner n’est pas penser. Les cours de mathématique, de philosophie, d’argumentation sont des enseignements qui portent sur la manière de raisonner. Le raisonnement n’est qu’une portion de la pensée. Tout comme le langage et la communication ne sont qu'un reflet partiel de nos pensées. Or, si les cours de langues (maternelle ou autres) sont dispensés dans l'enseignement, nous n'en sommes même pas encore au stade de dispenser de simples cours de communication.

Dès lors, excepté lors de moments de méditation ou de relaxation, de l’éveil jusqu’à l’endormissement, tous, nous pensons comme nous respirons, sans être véritablement maître de nos pensées. Tout méditant sait cela. Et le succès grandissant actuel de la méditation tend à montrer qu’il est probable que l’humanité en est arrivée à un niveau d’évolution où chaque humain va commencer à apprendre à gérer ses pensées. Cela pourrait changer la face du monde. Le processus sera titanesque, et bien plus important que l’apparition du langage ou de l’écriture. Mais il se pourrait bien qu’il survienne en l’espace d’une ou deux génération(s). La situation d’urgence que représente la destruction de notre propre milieu de vie qui est en cours, va nous y forcer.

Et comme déjà mentionné, la digitalisation ou l'utilisation de l'intelligence artificielle à outrance s'avérera bien vite problématique pour ceux qui auront trop tendance à déléguer leurs propres capacités à l'extérieur d'eux-mêmes. D'une certaine manière, certains projets paraissent déjà comme dépassés, non pas d'un point de vue technologique, mais du point de vue humain.

Dans ce contexte on pourrait tout à fait considérer que la démence est elle aussi une maladie de civilisation, au même titre que le cancer, le diabète et l'obésité. Si cela devait être avéré, elle pourrait potentiellement disparaître, non pas grâce à des médicaments stoppant les symptômes ou la progression du processus (ce qui ne les rend pas inutiles pour autant), mais bien plus car le processus de perte de contrôle de la volonté sur la pensée aura pu être évité.

2) Agir sur la mémoire

D'autre part, si nous n’apprenons pas à gérer nos pensées, nous n’apprenons pas beaucoup non plus à utiliser notre mémoire, excepté dans le cadre relativement limité de l’apprentissage scolaire, qui consiste encore trop souvent à répéter des informations comme un perroquet, mais sans réelle méthode de travail.
C’est un peu le chacun pour soi, voire l’anarchie totale dans le domaine. L’école nous donne une grille partielle, en divisant les cours, en créant des chapitres, mais une fois lancé dans la vie active, nous allons mémoriser de manière bien moins structurée, plutôt au fil de nos expériences. Mais la plupart des gens ne choisissent pas leurs expériences. Pour une grande part, ils sont un peu forcés de prendre ce qui vient. Un niveau socio-culturel plus élevé peut aider mais pas forcément. Donc ils emmagasinent anarchiquement les apprentissages, et les mémorisent sans beaucoup les structurer.

3) Nécessité d'agir avant l'apparition des symptômes

Si on peut dépister certaines formes de démence relativement tôt, c’est bien parce que le processus de déclin de la mémoire commence très tôt. Si on évalue qu’à 35 ans, nous n’avons plus que 5 % de pensées dont on fait le choix conscient, c’est que déjà à cet âge sont définis en grande partie les chemins et la rapidité avec lesquels ce pourcentage va encore diminuer davantage.
Encore à l’heure actuelle la recherche de traitement médicamenteux pour stopper ou freiner ces maladies, bat son plein. Je pense que l’on risque de chercher encore longtemps. Les maladies de mémoire sont, pour la plupart, les conséquences de processus mentaux qui s’installent durant des décennies. Aucun médicament ne pourra jamais les stopper, une fois les symptômes devenus évidents. On peut tout au plus booster certaines capacités mentales de manière à freiner le processus. Il ne s’agit pas de guérir de la démence, pas plus qu’on ne guérit de la vieillesse. Il s’agit de la prévenir et d’empêcher qu’elle s’installe, ou de la ralentir une fois celle-ci pleinement déclarée.

C’est en apprenant à gérer notre mental, et cela, dès la naissance que l'on se prépare à garder toutes nos capacités bien plus longtemps. Cela représentera un travail considérable pour découvrir comment y arriver de manière optimum si on accepte l’idée que l’éducation quasi aléatoire par les parents, les expériences quasi aléatoires de la vie, et la scolarité telle que nous la connaissons aujourd’hui : ne sont en aucune manière les chemins les plus appropriés pour y arriver. Et qu’à l’inverse, si on arrive à mettre au point des méthodes pour apprendre à les gérer très tôt, l’efficacité de tous ces aspects éducatifs sera multipliée de manière exponentielle.

5) Éduquer la pensée

Il est cependant possible, à l'âge adulte de faire un travail sur soi pour évacuer tout ce qui est emmagasiné, de manière pathologique ou inadaptée, dans notre mémoire inconsciente, et qui peut venir perturber notre mémoire consciente.

En ce sens, nous aurions un pouvoir bien plus grand qu’on ne l’imagine, pour éviter les démences :

1) L'état de santé physique

Tout d'abord, la qualité de notre santé est le premier atout qui favorise la qualité de notre santé mentale. Cela est connu : la qualité de l'hygiène de vie permet de vivre plus vieux : alimentation, sommeil et exercice physique sont donc trois piliers à ne pas négliger. L'absence de stress continus, intenses et répétés pourrait être considérée comme un quatrième.

2) Faire travailler la mémoire

C'est le point le plus évident, mais pas forcément le plus essentiel. Car l'atteinte de la mémoire est le symptôme, et c'est principalement sur les causes qu'il faut travailler.

Attention toutefois à ne pas confondre les effets du stress ou des chocs émotionnels sur notre mémoire.

Tout d'abord, le stress peut interférer avec l'attention (de manière durable dans le burn out comme nous l'avons vu).
Quand nous pensons à trop de choses à la fois (ce qui est le cas en situation de stress) et que nous n'en sommes pas vraiment conscients, il devient difficile de gérer les différents niveaux de pensée de manière à donner la priorité à l'un d'eux et à pouvoir calmer les autres flux de pensée. On se laisse alors vite envahir par une sorte de mix de pensées qui, sans être gérées, si elles sont trop nombreuses, amènent de la confusion, de la distraction, des oublis, la non compréhension d'émotions de fonds qu'elles génèrent, des difficultés de concentration, de l'inquiétude face à ces incapacités, etc. Cette situation peut vite créer un effet boule de neige si on en devient conscient car elle est bien sûr préoccupante. Ces situations apparaissent plus vite en avançant en âge. Et elles peuvent nuire sur le long terme à force de répétition. Cependant, faire travailler trop son mental n'est, a priori, pas stimulateur de la dégénérescence du cerveau.

De la même manière, les émotions fortes et les chocs émotionnels peuvent forcer le mental à fonctionner de manière lancinante sur les mêmes pensées liées aux souvenirs de l'événement marquant ou traumatique. Cela peut également créer le même genre de symptômes : confusion, oublis, distraction, difficulté de concentration, et bien sûr les inquiétudes associées qui vont se cumuler aux émotions déjà présentes. Cela est dû à l'omniprésence des réminiscences de l'événement traumatisant qui empêche le reste des fonctions mentales de fonctionner normalement et en particulier qui va faciliter des associations entre l'événement traumatique et d'autres événements ou particularités d'événements mémorisés, de sorte que les pensées de la personne touchée par un trauma sont quasi continuellement empreintes des aspects de l'événement traumatique. La répétition du phénomène peut nuire sur le long terme, mais quand il est possible d'en guérir cela n'a pas d'impact sur une dégénérescence du cerveau. La guérison survient quand on parvient à bien dissocier l'événement traumatiques du reste du fonctionnement mental, et que de surcroît on décharge celui-ci de son aspect émotionnel (comme par exemple avec l'EMDR).

La mémoire peut être comparée à un fonctionnement musculaire. Il faut la faire travailler pour la faire grandir, et il faut l'entretenir tout au long de la vie, et même de plus en plus avec l'âge.

Il existe principalement deux fonctions mémorielles : l'enregistrement, et la remémorisation.
La présence ou l'attention sont nécessaires pour l’enregistrement de données dans la mémoire, mais au-delà de cet enregistrement, le rappel du souvenir n’est possible que si nous sommes capables de faire des associations entre différents éléments mémorisés. Le rappel de l’un ramène l’autre.

Travailler la mémoire consiste donc en deux aspects. L’attention, la présence, la concentration, la conscience en sont le premier pilier.

Le travail d'association est le second pilier. Il peut s’exercer lui aussi comme un muscle. Si vous rechercher le nom d’un fruit, le nom d’une personne, le nom d’un métier, peu importe la catégorie; plus vous êtes amenés régulièrement à vous rappeler des noms dans des catégories, plus facilement vous retrouverez d’autres noms dans ces mêmes catégories mais aussi dans de tout autres registres.

Quand vous vous rendez compte que vous avez tendance à oublier, ou plutôt, ne pas retrouver des noms, renforcez votre muscle de la mémoire. Cherchez, cherchez, encore à chaque opportunité.
Ce travail ne va pas porter beaucoup de fruits si vous êtes en période de stress, de deuil, d’épuisement, de forte préoccupation, d’anxiété importante.
Gérez d’abord ces problèmes-là. Mais dans une situation relativement sereine, le travail pour muscler la mémoire consiste bien moins à tenter d’enregistrer de nouveaux éléments qu’à tenter de retrouver d’anciens éléments. Plus vous serez à même de ramener toute sortes d’éléments de vos souvenirs, plus vous faciliterez à faire revenir ceux plus profondément enfouis. Car en faisant cela, vous réactivez les neurones qui créent des associations dans le cerveau et plus ils sont réactivés, plus grande sera votre mémoire. En étant capable de vous souvenir de 10 noms d’acteurs, vous risquez de devenir capable d’en retrouver 100
Donc, dès que vous en avez l’occasion, tentez de retrouver des noms qui ne reviennent pas facilement à la surface, sans vous limiter à faire le constat que vous avez oublié et en abandonnant. Devenez exigeant avec votre mémoire et elle vous répondra de mieux en mieux.

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